Dans le contexte actuel de la mode, la culture d’identification fait rage. Tous les acteurs de l’industrie sont impactés par une sectorisation grandissante des minorités, où les victimes du communautarisme (ou tout au moins désignées parfois en tant que telles), semblent progressivement prendre le pouvoir. La nouvelle cartographique de notre société menacerait-elle le langage universel de la mode ? Plane-t-il un spectre dangereux sur la liberté de chacun ou cette mutation du secteur va-t-elle amplifier le champ des possibles en s’affranchissant de tous les codes traditionnels? Faut-il paraître plutôt qu’être…à moins que ce ne soit l’inverse? Bien que certaines voix s’élèvent pour évoquer une simple stratégie opportuniste, cette diversité ne favorise-t-elle pas au contraire l’émergence de nouvelles richesses? Depuis toujours, IFA Paris cultive ces différences. Entre mixité intellectuelle, culturelle ou religieuse, nous avons fait le choix de valoriser les talents de tous horizons en donnant à nos élèves des outils universels, facilement transposables à leurs univers spécifiques.

La mode continue à se penser, se confectionner, se porter. Elle existe au travers des individus qui la font, qui l’exhibent mais aussi…qui la jugent. Depuis toujours, elle met en branle les rituels et les institutions tout en étant le miroir de la société : le vêtement est la clé d’entrée à l’approche sociologique d’une population.

S’il est aisé de constater les transformations de la mode au travers les siècles, il est toutefois plus complexe d’analyser quel rapport entretient l’homme avec sa propre apparence durant ces mutations. Bouleversements technologiques, politiques ou économiques influent grandement sur le rôle du vêtement et modifient en profondeur des codes qui semblaient pourtant bien ancrés ; il existe donc bien une « pathologie de l’attitude vestimentaire »…

Très normé dans les sociétés modernes, le vêtement a toujours été un marqueur social mais aussi un moyen d’expression. Les sociétés conservatrices freinent la mode (car attachées aux valeurs traditionnelles), les démocraties prônent quant à elles le changement. La transgression de ces normes positionne-t-elle pour autant les minorités dans une simple opposition au système, ou dans un désir absolu d’être soi ? Réfléchir à ces valeurs, c’est se questionner sur les orientations à donner à ses convictions, à ses choix de vie.Gender Fluid Fashion

Finalement, la mode telle que nous la connaissons, n'est que le reflet d'une société progressiste dont les 3 mots d'ordre pourraient être le développement, l’innovation, mais surtout le renouvellement. Une renaissance cyclique à destination collective, où les comportements versatiles du consommateur, favorisent le retour à la mode… du démodé. Finalement, LA MODE n’est elle -même qu’une mode…entrainant avec elle les mobilités sociales et la stigmatisation des styles.

Le langage universel qu’elle souhaite véhiculer se heurte donc de manière récurrente à des « acteurs marginaux » en quête de leur vraie identité. Ces courants minoritaires deviennent fréquemment les influenceurs (involontaires ou assumés) des nouvelles tendances, car, l’opposition au style crée le style : les « anti-mode » deviennent à la mode! Une triste réalité pour ces minorités qui voudraient pourtant se démarquer, faisant de leur différence une arme de lutte et de revendication face à une société trop formatée.

Le communautarisme n’emprunte-t-il d’ailleurs pas au passé les mêmes mécanismes? Du style iconique du New-Look durant les années 50 au mouvement Hippy des 70’s, de l’univers underground des Punks aux courants mystiques des Gothiques, ils sont tous devenus malgré eux, des prescripteurs de tendances. De l’acceptation de la mode par certaines minorités, s’ensuit souvent la reconnaissance par la majorité. En sera-t-il de même pour ces nouvelles communautés ou est-ce l’expression d’un mal être plus profond? Nul ne peut l’affirmer…

Mettant de côté les dangers de l’amalgame, il convient cependant de souligner l’émergence d’un point commun à tous ces groupes minoritaires : le désir de s’affranchir de tout diktat et respecter son moi intime.

Si la mode modeste propose de suivre un chemin à la fois religieux, spirituel et créatif, elle s’inspire d’une mode qui soit en totale adéquation avec ses propres convictions de décence. Si la mode du gender fluid questionne sur le nomadisme du genre, réfutant toute appartenance à un sexe plutôt qu’à l’autre, elle symbolise surtout l’émancipation des clichés genrés. Si la disabled fashion œuvre pour un vêtement plus « égalitaire » (un peu aussi pour le Purple Dollar …), les motivations du  « mieux vivre » dépassent celles de l’existentiel au sens le plus strict du terme.

A chaque minorité, ses desseins où le vêtement sert simplement d’intermédiaire entre le corps et l’esprit. Sans se positionner en tant que leader politique, IFA Paris est avant tout observateur de ces tendances sociétales et les inclue sans distinctions dans ses enseignements. Nous pensons qu’en laissant toute liberté à la diversité, la créativité viendra couronner le capital épanouissement de chaque élève que nous tentons de stimuler.