« IFA Paris m’a aidé à comprendre ma passion pour tout ce qui a trait au digital et au e-commerce ! »

Originaire d'Ukraine et polyglotte, Valeria Bondar, diplômée en 2016 de IFA Paris avec un MBA en Management de la Mode, a rapidement rejoint Farfetch, « plateforme technologique de la mode de luxe », un marché numérique proposant, en 13 langues et dans 190 pays, 1000 marques de mode et de créateurs dans les domaines de la mode féminine, masculine, enfantine, vintage, des montres de luxe et de la bijouterie. Une interview spéciale que « les algorithmes ne peuvent pas reproduire ! »

Michel Temman : Vous parlez chinois et officiez désormais pour le distributeur Farfetch. Parlons-en. Mais d'abord, dites-nous : qui êtes-vous ? D'où venez-vous ? Quel est votre parcours académique et professionnel ?

Valeria Bondar : Je viens d’Ukraine mais me considère avant tout, aujourd’hui, comme à moitié chinoise, ayant passé près de 8 ans à travailler et à étudier en Chine – et la majeure partie de mon expérience Valeria Bondarprofessionnelle provient du marché chinois. En 2016, j’ai obtenu mon MBA d’IFA Paris en Marketing de la Mode et je travaille actuellement en tant qu’administratrice marketing affiliée pour le groupe britannique Farfetch (depuis plus d’un an à ce jour). J’ai été ravie d’ailleurs d’être témoin de l’introduction en bourse de la société à New York et des nombreux changements intéressants intervenus avant et après. Avant de rejoindre Farfetch, j’ai travaillé pour VIP.com ainsi que pour Helen Lee, une marque de mode de Shanghai. Je m’occupais dans ces deux sociétés de marketing numérique et de commerce électronique. Je suis diplômée par ailleurs en linguistique chinoise et aurais pu devenir interprète si la mode ne me fascinait pas autant ! En fait, parler la langue procure un énorme avantage sur ce marché du travail, mais je ne dirais pas que c’est la compétence la plus importante. La combinaison d’une bonne connaissance de la culture locale, de la langue et du savoir relatif au marché, associée à un état d’esprit occidental, m’a été très utile dans toutes mes activités professionnelles passées, cela m’ayant permis d’être véritablement un pont entre l’Est et l’Ouest, que ce soit pour les entreprises chinoises cherchant à se développer à l’étranger ou pour les entreprises occidentales souhaitant s’implanter en Chine.

M.T. : Quel a été le déclic en ce qui vous concerne ? Quand vous êtes-vous sentie fascinée par la mode ? Comment vous y êtes-vous prise et de quelle mode parlons-nous exactement ?

Valeria Bondar : Ma mère était couturière. J’ai donc grandi au milieu de magazines de mode, de tissus et de croquis. À l’âge de 6 ans, j’ai été aussi remarquée par une agence locale de mannequins pour enfants. J’imagine donc Valeria Bondarque cela a déterminé mon parcours dans la vie. Le mannequinat, depuis le plus jeune âge, m’a permis de rencontrer beaucoup de monde dans l’industrie. Pour autant, je ne me voyais pas être mannequin professionnel à temps plein. Je me suis donc tournée vers l’industrie de la mode et c’est ainsi que j’ai décidé de poursuivre des études dans ce secteur.

C’est à ce moment précis que j’ai été interviewée par Jean-Baptiste Andréani (directeur général de l'IFA Paris, ndlr) avec l’idée de rejoindre le MBA d’IFA Paris. J’avais des contacts dans l’industrie et une certaine expérience, surtout en Chine, mais je ne savais pas quel était mon point fort exactement : achat, visual merchandising, relations publiques, numérique ou autre. D’ailleurs, je dois adresser un grand remerciement à Jean-Baptiste Andréani, car c’est lui qui m’a orienté vers ma spécialisation en management de la mode plutôt que dans la management  des marques de luxe : au bout de six mois, j’ai réalisé que j’avais fait le meilleur choix possible. IFA Paris m’a en outre aidé à comprendre ma passion pour tout ce qui a trait au digital et au e-commerce. Avant même d’avoir terminé mon projet capstone, j’ai décroché un emploi chez Helen Lee, une marque de mode de Shanghai – une étape qui était pour moi alors bien ambitieuse. J’ai aidé la marque à établir, à partir de rien, ses opérations de commerce électronique, de l’emballage au service clientèle. La mode me passionne aussi parce que c’est l’un des rares secteurs où les femmes peuvent avoir des perspectives de carrière incroyables et une voix importante – un problème que de nombreuses entreprises, même les plus grandes, ont parfois encore du mal à résoudre.

M.T. : Farfetch est connu, en matière de ressources humaines, pour « mettre en valeur l'individualité. » Comment avez-vous rejoint Farfetch il y a un an ?

Valeria Bondar : En fait, ce n’était pas la première fois que je postulais à un poste chez Farfetch, mais j’aurais finalement réussi à rejoindre ce groupe. J’étais chez VIP.com à l’époque, et bien que ce fût une excellente compagnie, dès que j’ai vu qu’il y avait une ouverture chez Farfetch, j’ai su que je devais réessayer, d’autant plus que le poste convenait parfaitement ce que j’avais fait jusqu’alors. Au bout de quatre mois et de nombreuses interviews, je suis revenue à Shanghai pour intégrer le groupe.

M.T. : Quel est votre rôle au sein de Farfetch aujourd’hui ?

Valeria Bondar : Je suis Senior Affiliates & Partnerships Executive, c’est-à-dire administratrice marketing, un titre qui sonne un peu compliqué à ceux qui ne sont pas familiarisés avec le e-commerce. Cette division du Valeria Bondarmarketing est très jeune et assez immature en Chine (contrairement à l’Occident), ce qui explique probablement pourquoi ce poste n’existait pas plus d’un an avant mon embauche. En un mot, je suis une sorte de partenaire en marketing numérique, qui vous aide, ainsi que vos partenaires, à générer des revenus en ventes et en commissions, de sorte que vos partenaires restent toujours motivés par l’amélioration des performances, car leurs propres revenus en dépendent. On est dans du gagnant-gagnant ! J’adore, parce que, Valeria Bondarcontrairement à de nombreuses disciplines du marketing numérique, il s’agit de nouer des relations de confiance étroites avec vos partenaires et vos affiliés – lesquels ne peuvent donc qu’être rentables. De solides partenariats hors ligne, combinés à une utilisation intelligente des données et à une innovation technologique permanente, rendent cette discipline extrêmement stimulante et passionnante.

​​​​​​​M.T. : Comment cette expérience en marketing numérique a-t-elle changé votre vision de la planète mode ? Qu’avez-vous appris de déterminant ?

Valeria Bondar : Le plus grand enseignement, dans mon rôle actuel mais aussi dans les précédents, concerne la façon dont les interactions hors ligne nous impactent en permanence, de surcroît à l’ère numérique. De nos jours, les données et la technologie sont en effet très directionnelles. Dans la mode, toutefois, qui reste en elle-même un produit de la créativité, les algorithmes ne peuvent pas être reproduits. Parallèlement, quelle que soit l’innovation technologique de la société dans laquelle on évolue, la communication interpersonnelle et l’exécution du travail en équipe restent la clé du succès. C’est une véritable bénédiction que de pouvoir travailler aux côtés de tant de personnes brillantes qui collaborent, génèrent des idées et les exécutent à tant de niveaux. Je suis convaincue que les personnes officiant dans la mode sont parmi les plus motivées et parmi les plus passionnées, car le secteur est en soi une source d’inspiration permanent !

Pour plus d’informations sur le programme que Joanna a étudié a IFA Paris : MBA Management de la Mode