« J’ai l’impression d’être née avec ma passion pour l’art et la mode »

Originaire de Hong Kong, la styliste Shine Lai, diplômée d’IFA Paris avec un Bachelor Stylisme Modélisme a créé en 2017 la magnifique marque Le Rêve de Ballet. Un rêve en soie !

Michel Temman : Avant de créer votre marque, comment avez-vous rejoint l’univers de la mode et quels ont été jusqu’alors vos parcours académique et professionnel ?Shine Lai

Shine Lai : Je suis née à Hong Kong et je me passionne depuis toujours pour la mode ! J’ai commencé à dessiner avant même de savoir marcher ou parler ! J’ai organisé mon premier défilé de mode à 18 ans, avant d’aller étudier le stylisme à IFA Paris. Dans le passé, j’ai également travaillé sur de nombreux projets de relations publiques, avant de créer finalement ma propre marque, en 2017, et la collection Le Rêve de Ballet. Je me considère comme l’artiste derrière cette marque, responsable de tout son aspect créatif. Et plus que tout, je fais appel à mes propres forces, à mes ressources, à ma passion illimitée et je travaille beaucoup. Je fais tout par moi-même pour faire vivre cette marque – communication, créations, production d’échantillons, défilés de mode…

M.T. : Pourquoi avoir choisi ce nom français et cette identité visuelle pour votre marque, Le Rêve de Ballet ?

Shine Lai: En fait, ce nom m’est venu durant mes études à IFA Paris, alors que j’étais occupée à faire mes devoirs ! Je me suis inspirée de l’identité de deux des villes où IFA Paris est implantée, Paris et Shanghai ! Le motif de base est un mélange du bleu indigo chinois et de la porcelaine française blanche. J’ai mêlé à ces couleurs un nombre infini de ballerines et combiné des éléments modernes et historiques des cultures chinoise et occidentale. La ballerine supérieure révèle clairement l’expression de la beauté, Le Rêve de Balletde la tristesse et de l’espoir qu’il y a en tout artiste – elle décrit le réalisme des hauts et des bas de notre vie. Tandis que la ballerine du niveau intermédiaire apporte un sens d’ordre et de hiérarchie. Le fond est aussi composé de milliers d’autres ballerines minuscules. Il n’y a pas de logo sur mes produits, destiné à ceux et celles qui apprécient vraiment l’art et la mode. Je veux que les gens, les clients, reconnaissent mes œuvres d’art à leur conception plutôt que grâce à un logo.

M.T. : Quelle fut la principale difficulté quand il a fallu développer l’ADN, l’identité de votre marque ?

Shine Lai : Sélectionner mes idées débridées et même assez sauvages, puis leur appliquer rigueur et discipline. C’était cela le plus difficile mais également l’étape indispensable pour transformer mes idées en produits réels.

M.T : Quand le déclic s’est-il produit ? Au début de tout, avez-vous été inspirée par des créateurs et artistes chinois ou étrangers ?

Shine Lai : J’ai l’impression d’être née avec ma passion pour l’art et la mode, ainsi que pour l’organisation d’événements. Dès la maternelle, je participais à des compétitions et mon art du dessin m’a fait remporter quelques concours ! Audrey Hepburn m’a toujours profondément touchée. Elle est pour moi la référence absolue quand il s’agit de comparer toutes Shine Lai (2nd from left) à HK International Film Festivalles autres !

M.T. : Pochette, écharpes, coussins, art mural en verre acrylique, accessoires de mode. Il semble que la dimension créative de votre design n’a pas de limites…

Shine Lai : Je sens en effet n’avoir aucune limite, pas même le ciel ! Dès le lancement de ma marque, j’ai voulu appliquer mes œuvres sur des murs, des écharpes, des foulards ou des mouchoirs. Ensuite, j’ai réalisé le besoin de messages visuels dans mes créations. Le beau agit sur notre humeur, pour le meilleur ! Puis je me suis mise à créer des assiettes, des coussins, des tapis... J’ai placé très haut la barre pour la qualité de mes foulards par exemple. Je sélectionne avec soin la meilleure soie, finie par des points roulés à la main « à la française ». J’ai aussi mis en place un système de vente personnalisé sur mesure. Chacun a droit à un produit unique.

Le Rêve de Ballet pour hommeM.T. : Pourquoi avoir rejoint IFA Paris ? En quoi vos études y ont-elles été déterminantes ?

Shine Lai : Je recherchais une école de mode qui suive moins qu’ailleurs certaines règles trop strictes à mon goût et accepte plus de fun et de créativité que dans d’autres académies. C’est comme cela que j’ai trouvé IFA Paris, une école vraiment très ouverte d’esprit ! Ses étudiants semblent y avoir tellement de plaisir. Et puis les étudiants d’IFA sont rapidement impliqués dans l’industrie de la mode. En 2016, j’ai obtenu mon Bachelor Stylisme Modélisme et j’ai créé ma marque un an plus tard.                  

M.T. : Ce que vous avez appris à IFA Paris a-t-il été déterminant pour conceptualiser et développer Le Rêve de Ballet ?

Shine Lai : En fait, je suis très reconnaissante car la création de la collection Le Rêve de Ballet s’est faite durant mes études à IFA Paris ! La collection est vraiment le fruit Le Rêve de Balletdu mélange parfait de deux cultures emblématiques : la rencontre des arts historiques chinois français.

M.T. : Vous avez également participé à des festivals de cinéma internationaux. Racontez-nous. Et qu'en est-il de vos prochains projets ? On dit que vous planchez sur une collection de maillots de bain ?

Shine Lai : J’ai pu en effet participer à plusieurs festivals de cinéma grâce à Sasha Waseem, producteur et réalisateur au sein de Fashion TV, et qui a cru en moi il y a déjà de nombreuses années. Il m’a offert des opportunités comme agent de relations publiques indépendante à Hong Kong. Nous sommes même devenus des partenaires d’affaires et nous foulons ensemble des tapis rouges lors de certains événements ! En ce qui concerne mes prochains projets, j’espère continuer à multiplier les collaborations avec des talents issus de tous les secteurs en vue de créer ensemble des collections étonnantes, pour des resorts et autres lieux de villégiature, pour des maillots de bain en effet, pour des produits cosmétiques ou des aménagements intérieurs !