Pattraporn Chaveesak: « IFA Paris m’a aidé à me préparer à conquérir le monde de la mode ! »

Michel Temman : Pourriez-vous vous présenter, nous en dire plus sur vous? Qui êtes-vous ? D'où venez-vous en Thaïlande?

Pattraporn Chaveesak : Je suis originaire de Bangkok, je viens d’emménager il n’y a pas longtemps à Paris, et auparavant, j’ai vécu en Thaïlande jusqu’à l’âge de 16 ans avant de recevoir une bourse d’échange pour étudier à Tucuman, dans le nord de l’Argentine. J’étudiais à l’Escuela Normal – mais j’étais malade à l'époque, inquiète de mon poids car aimant un peu trop la nourriture argentine. J’étais boulimique et ai été traitée par ma famille d’accueil et par un bon docteur, Dr Alejo, avant de déménager à Buenos Aires. Voici comment je suis devenue « moi » aujourd’hui. Je crois aussi que je suis née avec plusieurs styles, inspirés surtout par lePattraporn Chaveesakvintage. Mes amis, dans le monde entier, m’appellent « Patricia » – mon nom espagnol – ou encore « Jarinpat », mon nom d’utilisateur Instagram. À Buenos Aires, dans ma famille d’accueil, j’avais une adorable sœur adorant la mode. J’aimais son style, tout ce qu’elle portait. Elle m’a montré comment être glamour sans utiliser de marques et de choses chères, et cela a changé ma façon de voir et de penser la mode. À Buenos Aires, j’étais dans une école publique appelée Escuela Técnica Raggio, spécialisée en dernière année en industrie de l’habillement (Industria de la Indumentaria). C’est ainsi que j’ai découvert ma vraie passion et fait mes premiers pas dans cet univers. Cela m’a aidé aussi à suivre les études d’IFA Paris.

Pattraporn ChaveesakM.T. : Quand et comment avez-vous commencé à dessiner, à faire du design de mode et du graphisme ? D’une certaine façon, quand avez-vous découvert votre talent ?

Pattraporn Chaveesak : Une fois, j’ai perdu mon appareil-photo en Argentine. Comme j’aime les souvenirs et les images, je me demandais comment pouvais-je dès lors capturer mes moments sans appareil-photo. Finalement, j’ai fini par commencer à dessiner tout ce que je voyais et m’intéressais, et cela m’a aidé à développer mes compétences artistiques et de dessin. C’est pourquoi je suis actuellement graphiste freelance. Je fais des illustrations de portraits, des croquis de mode, des dessins techniques, de la conception de magazine, de l’éditorial, des illustrations Photoshop, des modèles de PowerPoint et également de la conception web.

M.T. : Qui sont vos clients ?

Pattraporn Chaveesak : Je ne peux pas tous les énumérer – sauf pour les croquis de mode, les dessins techniques et les éditoriaux, que je fais habituellement pour tous ces étudiants créateurs de mode dans le monde entier – vous pouvez consulter mon portfolio sur www.jarinpat.com Je ne suis pas très douée pour parler donc mon travail est surtout très visuel. Mon Instagram est ma plateforme pour communiquer avec des personnes à l’international. De plus, j’aimerais aussi vous donner le nom de ma toute première marque : Patricia Studio. J’ai réalisé ma première collection « L’Essentiel » qui reflète ma personnalité et mon style, que je trouve « élégant », « sophistiqué », « féminin », « sauvage », « amusant » et « sensuel. » Je vois Patricia Studio comme un sélect-shop très collectif en somme ! C’est aussi une opportunité me permettant de me rapprocher de mon rêve.Pattraporn Chaveesak

M.T. : Comment et pourquoi avoir décidé de rejoindre IFA Paris ? Qu'est-ce que vous étudiez en son sein et en quoi point est-ce utile, précieux ?

Pattraporn Chaveesak : Honnêtement, j’ai découvert IFA Paris en surfant sur Google ! Je constatais aussi qu’IFA Paris était toujours sélectionnée au top par les moteurs de recherche. J’ai d’abord pensé que cette école coûterait cher. Mais en mentionnant son nom à mon père, il est devenu soudain très enthousiaste : IFA Paris avait un partenariat avec PIM (Panyapiwat Institute of Management) qui appartient à la société thaïlandaise CPALL où mon père travaille ! Par ailleurs, la fille d’un ami de mon père avait étudié elle aussi à IFA Paris pour un semestre et avait eu de très bonnes expériences. Au final, j’ai eu raison : à IFA Paris, nous avons tant de professeurs de haut niveau, qui ont réussi à l’international dans le secteur de la mode. IFA Paris a différents types d’enseignants et leurs méthodes d’enseignement sont définitivement différentes. Certains nous emmènent visiter des musées, d’autres nous font dessiner et peindre, étudier des tendances, d’autres les colorants des vêtements, les emballages techniques… Mais il y a aussi des cours et des présentations académiques types.

Pattraporn ChaveesakIl y a aussi le professeur de type doux-amer, qui commande toujours des devoirs et exige des efforts très sérieux à chaque fois. C’est mon préféré, celui qui mène vers un niveau professionnel. IFA Paris m’a aussi appris à travailler en équipe. Nous travaillons parfois individuellement mais surtout en équipe. Ce n’est pas forcément évident de travailler avec des individus venus de cultures, de mentalités ou d’endroits différents. Au début, cela me posait des problèmes puis j’ai commencé à comprendre et à m’adapter à cet environnement. IFA m’a aidé à me préparer à la conquête du monde de la mode. Était-ce précieux ou non ? Je ne sais pas mais c'est tellement plus que ça. J’avais 18 ans quand je suis arrivé en France, m’occupant de tout par moi-même, de la recherche d’un appartement au lancement de ma marque. J’ai aussi rencontré ma meilleure amie à IFA Paris : Kesi Sheqeri. Nous faisons tout ensemble, nous avons grandi ensemble, nous nous entraidons sans cesse. L’école et les études nous ont donné tant de maux de tête mais à chaque fois que je réalise aussi que c’est à IFA que j’ai rencontré ma meilleure amie – cela me fait aimer un peu plus cette école Pattraporn Chaveesakencore. Honnêtement, je peux parler de mes bonnes et mauvaises expériences à IFA pendant mes 3 ans de Bachelor de Marketing de la Mode, mais les mauvaises expériences sont toutes devenues des souvenirs et des leçons mémorables.

M.T. : Pouvez-vous décrire une journée type à IFA Paris ?

Pattraporn Chaveesak : Chaque journée à IFA Paris n’est pas la même selon la saison, mais prenons une journée type de mon emploi du temps à IFA. Les cours commencent à 9h et nous étudions jusqu’à 13h. A 9h, l’école est encore calme et le sera moins vers 10h. La classe compte 20 à 25 étudiants, ce qui est vraiment bien. Je suis toujours assise au premier rang pour entendre tous les mots du professeur. Chaque jour à IFA, c’est aussi comme mon défilé : il ne se passe pas un jour sans que mes cheveux soient arrangés et que je sois maquillée. Mon look est très important pour moi ! A IFA, je peux porter des vêtements que j’ai conçus à la mauvaise saison ou faire un « faux pas de mode » sans être jugée – j’ai envie d’évoluer dans un lieu où les étudiants sont à Pattraporn Chaveesakla fois professionnels et avenants entre eux. Je ne rejoins pas les pauses cigarettes, alors moi et mes amis faisons des photoshoots – je suis accroc aux réseaux sociaux et poste surtout mes moments sur Instagram. Pendant le déjeuner, nous avalons sur le pouce des petites choses dégotées au supermarché du coin et préparons par petits groupes une présentation ou avançons un projet de l’école. Nous écoutons aussi de la musique, discutons de sujets de société, et j’aide aussi les autres à la salle d’informatique, souvent ces derniers temps mais j’aime ça, j’aime aider si je le peux. De retour en classe l’après-midi, nous écoutons les présentations de projets. Le cœur battant à chaque fois car on est tous à l’affût de bonnes notes. Nous restons jusqu’à la fin de la classe, parfois pour préciser l’affectation de l’équipe ou des questions. Ensuite, je cours chez moi… 

M.T. : Quand avez-vous su que vous vouliez travailler dans les mondes de la mode et du luxe ?

Pattraporn Chaveesak : Depuis que j’ai commencé à acheter et à consommer des produits de luxe et de mode. J’ai commencé à trouver charmant qu’un t-shirt coûte 500 euros. J’ai alors découvert que le marketing était un art – même si certains diraient que c’est surtout du bon sens. Pour moi, c’est un art de séduire les gens pour les faire acheter. Et je l’admets : j’aime l’argent et j’aime les affaires. J’avais lancé ma propre entreprise avant même de rejoindre IFAPattraporn Chaveesak Paris – à mon avis, il n’y a pas de mode sans un business bien intégré. J’aime aussi la communication, j’aime expliquer mon opinion et ma vision de mon travail. Je trouve intéressant de persuader quelqu’un, d’analyser une situation et d’en être le premier ou la première adepte. Et puis, c’est bien, je crois, d’avoir de la personnalité. A mon avis, seules quelques marques définissent assez clairement leur personnalité.

M.T. : Qu'en est-il des scènes mode et luxe dans votre pays ? Comment voyez-vous leur évolution en Thaïlande ?

Pattraporn Chaveesak : J’ai constaté beaucoup de possibilités dans mon pays ces dix dernières années dans ce secteur et été moi-même associée à divers projets domestiques et internationaux. De jour en jour, de plus en plus de créateurs apprécient l’industrie de la mode en Thaïlande – comme on l’a encore constaté lors de la dernière Fashion Week internationale de Bangkok, du 21 au 25 mars 2018.  Un moment génial pour les créateurs thaïlandais. Cet événement récent est une  nouvelle étape significative dans le renforcement de l’industrie de la mode thaïlandaise à un niveau international !

Pour plus d’informations sur le programme que suit Pattraporn : Bachelor Marketing de la Mode