Lors de la journée mondiale du recyclage, en mars, chacun est invité à repenser ses pratiques du quotidien pour tenter d’assainir la planète. Après l’ère insouciante du productivisme et du consumérisme, se dessine inexorablement celle de ses conséquences désastreuses. Le constat du gaspillage est alarmant, particulièrement dans l’industrie de la mode, où les ravages de la fast fashion fragilisent chaque jour un peu plus l’équilibre des écosystèmes. Tri et recyclage sont plus que jamais au cœur de toutes les recommandations.

La surconsommation textile de ces dernières années a alimenté de façon déraisonnable tous les dressings. Les géants de la fast fashion ont inondé le marché de vêtements cheaps, multiplié la cadence des collections, poussé les consommateurs aux achats compulsifs. La consommation frénétique du « vêtement jetable » a pris le pas sur la consommation responsable et durable, les achats coup de cœur ont balayé les véritables besoins vestimentaires de chacun.

Mais suite à une lente prise de conscience collective, les dérives de la mode tant décriées, semblent enfin emprunter le chemin de pratiques plus vertueuses. Les vêtements et accessoires de seconde main s’investissent d’un nouveau rôle, faisant désormais de l’upcycling et du recyclage textile, un solide pilier de l’économie circulaire.

Tandis que la part consacrée aux vêtements neufs s’effrite chaque année un peu plus, celle consacrée aux vêtements seconde main croit de manière indécente. Les nouvelles considérations éthiques (mais aussi économiques) assurent le succès des swaps, vide-dressings ou des boutiques solidaires. Depuis peu, les vêtements d’occasion sont même utilisés comme nouveau moyen de captation des points de vente physiques ; le second hand y trône sans complexe en tant que produit d’appel des collections neuves !

Propices au tri, les confinements successifs ont encore dynamisé le segment de l’occasion. Le leader des plateformes de revente de vêtements en ligne, Vinted, vient de franchir le seuil des 16 millions d’adeptes en France ! L’appli lituanienne dépoussière la fripe, offre à chacun la possibilité d’acheter, vendre ou d’échanger ses vêtements en quelques secondes. Une aubaine pour de nombreux utilisateurs qui usent, mais abusent aussi parfois, d’un réservoir providentiel de vêtements majoritairement issus de la fast fashion.

Maillon fort d’une chaine de valeurs positives, gare toutefois à ne pas se faire happer par les vieux démons de l’addiction textile !