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Dans l’univers du luxe, comment les matières végétales viennent à la rescousse des animaux

Mode et Développement durable

Dans l’univers du luxe, comment les matières végétales viennent à la rescousse des animaux

By avril, 2020avril 19th, 2022No Comments

Certaines habitudes, aussi ancestrales soient-elles, ne sont pas toutes louables. Au nom de la tradition et du luxe, les grandes maisons ont fait des peaux animales, le symbole de leurs créations haut de gamme. Pourtant archaïque, cette forme de stylisme est désormais mise à mal. Plus responsable, le consommateur exige de rapides changements dans la mode : l’heure est à l’éveil des consciences et aux alternatives innovantes !

Davantage sensibilisé aux problématiques environnementales, chacun mesure au quotidien l’impact de ses choix sur le développement durable. Largement sous pression, l’industrie du luxe, n’avait d’autre option que de sacrifier un peu de son âme, redéfinir son identité…et tenter de redorer son blason. Depuis quelques années, les grands groupes du luxe (LVMH, Kering) investissent massivement dans des programmes de recherche et développement pour repenser un façonnage plus éthique. Même dans le luxe, valorisation des matières organiques et recyclage des déchets s’organisent pour proposer des vêtements et accessoires plus respectueux de l’homme, de l’animal, de l’environnement.

La liste des créateurs bannissant les fourrures et peaux naturelles ne cesse de s’allonger (Burberry, Armani, Versace, Balmain…), mais, la pionnière du luxe activiste demeure sans conteste Stella Mc Cartney. Lauréate d’un prix de la mode végane décerné par PETA au Royaume-Uni, elle a relevé le pari de proposer des pièces haut de gamme, exemptes de cuir animal ou de PVC. Désireuse de changer les mentalités en proposant des matières alternatives, elle a été récompensée pour sa collaboration avec ECOPEL, inventeur et producteur du KOBA, une fausse fourrure d’origine biologique. Composée à 37% d’amidon de maïs (complétée par fibres de polyester recyclé), les acteurs de la filière ont bon espoir de parvenir à produire d’ici peu une fourrure 100% végétale !

Leather

Leather

Mais quid du cuir ? Avec des propriétés semblables à celles du cuir animal (résistance, imperméabilité, durabilité), le cuir végan impose également sa griffe verte. Le lyocell, à base de pulpe d’eucalyptus, le muskin issu de la culture des champignons ou le piñatex à base de feuilles d’ananas révolutionnent l’industrie pour proposer des cuirs nouvelle génération. Sans pour autant sacrifier le style, ces nouveaux matériaux régénérés et parfaitement traçables, contribuent à une autre forme de créativité dans le monde pourtant très conventionnel du luxe.

Entre militantisme sincère et opportunisme probable, les collections se veulent plus végétales que jamais et les animaux s’offrent même le luxe de s’afficher en mascotte sur les catwalks ! Lors de la dernière FashionWeek, Stella Mc Cartney (encore elle !), un brin malicieuse, a clôturé son show avec des mannequins costumés en vache, crocodile ou lapin. Les joyeux bestiaux ont distribué à l’assemblée des arbres à replanter : un message sans équivoque adressé à l’assistance, mais aussi à l’ensemble de la profession.