Même le plus aguerri des Globe-trotters ne peut se targuer d’avoir parcouru autant de kilomètres qu’un jean tout fraichement né ! Avant d’habiller nos jambes, l’emblématique pantalon est déjà passé dans de nombreuses petites mains aux quatre coins du monde : Amérique du sud ou continent Africain pour la matière première (culture du coton), Asie du Sud Est pour teintures et étapes de délavage, Chine, Bengladesh ou Maroc pour l’assemblage…Au final, plus de 60 000 kms parcourus avant de se retrouver dans nos dressings et autant de dégâts causés sur l’environnement durant son interminable voyage. Quelles sont les solutions expérimentales ou installées pour tenter de réduire une empreinte carbone assez terrifiante ?

Au vu de l’urgence écologique, l’heure n’est plus aux seules tendances de mode. La prise de conscience, quant aux bonnes pratiques de consommation, à modifié simultanément les méthodes de production et les comportements d’achat. Le jean, bien que toujours omniprésent dans nos placards, commence donc à prendre un tout autre visage.

Nombreux sont les industriels à repenser leur chaine d’approvisionnement et raccourcir leur processus de production. Dans l’hexagone, des marques comme « 1083 » ou les « ateliers Tuffery » s’appliquent à confectionner des jeans toujours plus écologiques. Tandis que le 1er s’engage à fabriquer un vêtement à moins de 1083 kms du consommateur final, le second s’attèle à manufacturer un denim composé de chanvre biologique, cultivé en Occitanie et teint à l’indigo naturel.

Les programmes d’innovations durables fleurissent, tant au niveau de la production de la matière première que dans le traitement de celle-ci. Objectif ? Continuer à porter des jeans respectueux de l’homme et de l’environnement.

L’emploi du coton biologique, bien qu’encore marginal dans la confection des jeans, se structure progressivement. La filière textile durable s’organise pour promouvoir une agriculture qui soit exempte de pesticides industriels et qui dynamise parallèlement le commerce équitable. Des labels comme BioRe, BCI, Oeko Tex apparaissent sur les étiquettes, soyez-y attentifs lors de l’achat de votre prochain jean.

Les méthodes de délavages s’améliorent aussi progressivement. Les procédés de décoloration de la toile s’organisent pour bannir les produits chimiques et réduire les quantités d’eau utilisées. Alors que Pepe Jeans est affilié au « Programme Wiser Wash », Levi’s pionnier du jean, a choisi une autre technique novatrice, le délavage par laser tandis que Bonobo, expérimente le délavage à l’ozone. Qu’importe la manière, pourvu qu’on en mesure les résultats !

Et nous, consommateurs, à quel niveau pouvons-nous agir pour ne pas voir disparaitre à terme cette étoffe trop polluante ? Pensez customisation, upcycling, économie circulaire en fréquentant les vide-dressings et les friperies. Vous ferez un geste pour la protection de la planète tout en restant looké.

Grâce à l’effort collectif et de nouveaux procédés techniques, les marques confidentielles tout comme les mastodontes du denim, semblent vouloir trouver des solutions alternatives et réinventer la fabrication de l’or bleu. Un bleu jean qui semble plus que jamais vouloir virer au vert…