Le 16 mars dernier le concept store parisien colette a fêté ses 20 ans, d’une manière aussi décalée que l’exige sa réputation : en invitant ses visiteurs à plonger dans une mer de bulles en plastique recyclable sous la verrière du Grand Palais… Mais aussi plus commercialement avec une vingtaine de produits vendus exclusivement chez colette, dont une collaboration avec la marque de smartphone Oneplus.

C’est en 1997 que Colette Rouseau, qui a fait fortune dans la fast-fashion, et sa fille Sarah Andelman ouvrent ce qui sera le tout premier concept store parisien en s’inspirant de ce nouveau type de boutiques qui fleurit à l’époque à Tokyo. 700 m2 de « white Cube » qui offrent au désir de consommation de ses visiteurs n’importe quel type de produits : de la mode créateur, des livres, des objets technologique, des sneakers, de la papeterie, des bonbons, des gadgets… à n’importe quel prix : entre 1 euros pour une gomme ou des bonbons à 70 000 euros pour des bijoux ou des montres.

Bien sûr avant colette d’autres boutiques parisiennes avaient élargi leur offre de mode à des objets, du design ou des livres, en particulier l’Eclaireur, le pionnier de la distribution des « créateurs » des années 80,  et en 97 10 Corso Como à Milan avait déjà 5 ans. Mais c’est la première fois qu’un lieu de vente réunissaient autant d’objets différents avec pour seul point commun justifiant leur présence dans ce petit temple de la consommation, d’étre nouveaux, inédits, tendances, branchés. Et colette Parisinutiles disent ses détracteurs… colette se fait alors une spécialité de rapporter du monde entier de nouveaux produits jusqu’ici introuvables à Paris, du gadget technologique japonais à l’eau minérale islandaise. colette sera par exemple le distributeur français exclusif des produits de beauté américains Kiehl’s pendant plusieurs années. Cette multiplicé de l’offre s’accompagne de nouvelles formes de display, en ilots, et les vêtements de grandes marques de luxe comme de créateurs pointus sont disposés non plus sur des cintres mais, comme colette Parisdans un musée, en silhouettes complètes sur des mannequins, ce qui oblige à faire systématiquement appel à l’équipe de vente pour essayer et acheter.

Le succès est immédiat et colette devient le passage obligé de qui s’intéresse un minimum aux tendances. Karl Lagerfeld, Anna Wintour font le déplacement, Roberto Cavalli y vient en voisin. Si Nathalie Portman peut s’y promener anonymement, la venue de Rihana ou de Drake provoquent des attroupements qui bloquent la rue Saint Honoré…

Colette a bien sûr évolué avec l’air du temps, subit un lifting après 10 ans, considérablement développé son offre streetwear, sorti des compilations musicales que s’arrache la planète mode, initié et mulplié les collaborations entre marque, entre marque et DJ, entre créateurs et artistes… et bien sûr développé un e-shop performant. Ses vitrines qui changent toutes les semaines, sont le meilleur espace de lancement de nouveaux produits à Paris, louées très chères aux colette Parismarques. Colette est à l’origine de la revitalisation commerciale de toute la zone Saint-Honoré à Paris, et avec un chiffre d’affaire de 28 millions d’euros et une centaine d’employés, la boutique est devenu en 20 ans une institution qui reste incontournable malgré l’ouverture de nouveaux types de concept stores parisiens plus contemporains comme Merci, Centre Commercial ou Broken Arm… Mais colette saura-t-elle s’adapter aux nouvelles formes de consommations qui commencent à apparaître aussi dans la mode : la slow fashion, la mode consciente, la « sharing fashion » ?

Dans le cadre de ses panels de discussions mensuels IFA Paris a organisé un débat sur la place des concept stores en Chine. Un résumé de cet échange peut être trouvé ici et la video complète du débat sur la page Facebook d’IFA Paris.