Depuis bientôt 6 ans, le mouvement de la Fashion Revolution incite tous les acteurs de la mode à davantage de transparence et prône les bienfaits d’une consommation plus éthique. Du 20 au 26 Avril, en commémoration de la catastrophe à l’origine de cette démarche, IFA Paris s’investira une nouvelle fois aux côtés de la branche française du collectif, avec encore plus d’actions et de détermination à changer les mentalités.

Le 24 Avril 2013, restera tristement gravé dans toutes les mémoires. A Dacca, capitale du Bangladesh, le Rana Plaza, un immeuble vétuste de 8 étages, s’effondre en moins de 2 minutes. L’édifice abritait 5 000 ouvriers textiles dont les conditions de travail étaient affreusement précaires, tous sous-traitants des grandes enseignes internationales. Bilan très lourd puisque plus de 1 100 décès et 2 000 blessés sont à déplorer, chacun sacrifié pour le compte de l’industrie textile… un homicide industriel de masse qui n’aura eu pour seul mérite, que d’éveiller les consciences.

En réponse à cette catastrophe meurtrière Carry Somers et Orsola de Castro, toutes deux stylistes, imaginent alors une campagne mondiale de sensibilisation aux impacts sociaux et environnementaux de l’industrie de la mode, la Fashion Revolution. Dans leur viseur, l’envie de dénoncer la responsabilité transversale des marques, dont les agissements peu scrupuleux se répercutent directement sur toute la chaine de l’industrie textile. Certaines marques de fast fashion s’autorisent toutes sortes de dérives dans les pays producteurs, et par effet de ricochet, dans les pays industrialisés, consommateurs majoritaires.

Afin d’interpeller ces mastodontes, le mouvement activiste invite les citoyens, sous forme de campagne annuelle, à questionner directement ces géants sur leurs activités, sur le respect des normes par leurs filiales, sur leurs conditions de production, ou encore sur les composantes des conditions de travail. Des photos de vêtements, étiquettes apparentes, sont postées sur les réseaux sociaux par des anonymes, accompagnées du hashtag #whomademyclothes. Une propagation fulgurante dont la viralité interagit désormais avec 275 millions d’internautes basés dans plus de 100 pays…

IFA Paris prépare en coulisse cet évènement depuis près de 2 mois.

Le 20 Avril prochain, en collaboration avec la friperie Emmaüs et l’association Redress, l’école pilotera une journée créathon, rythmée par 3 séquences distinctes ; une démonstration de stylisme basée sur l’upcycling, suivie d’un défilé dans l’enceinte de l’école et la production d’une vidéo explicative destinée à un public non sensibilisé aux fondamentaux du développement durable. Information, imagination, technique et créativité sont attendues !Fashion Revolution

Le consommateur, néophyte en mode green, découvrira des solutions alternatives à sa surconsommation textile. Des propositions concrètes étayées par des looks composés de vêtements de seconde main, sublimés par nos étudiants stylistes. Toute la valeur ajoutée d’un vêtement usagé réside dans la créativité et le savoir réutiliser de chacun : ces techniques de recyclage sont à la portée de quiconque veut bien repenser son mode de consommation. Les procédés de déconstruction et de re-façonnage ne sont pas innés, ils s’apprennent.

Afin de s’assurer que la sensibilisation au développement durable traverse les frontières, IFA Paris organisera le même événement sur deux fuseaux horaires supplémentaires. Grace a son partenariat avec Born Again Vintage ainsi qu’au campus IFA Paris en Turquie, le même upcycling workshop sera réalisé a New York, Paris et Istanbul de manière quasi simultanée.

IFA Paris propose des formations courtes de fashion upcycling pour aider à leur acquisition et ainsi, apporter sa pierre, à l’édifice du grand chantier du développement durable.

Pour les découvrir cliquez ici : Formation Courte Upcycling Fashion

Rencontre avec Jean-Baptiste Andreani, directeur d’IFA Paris et Delphine Durieux, coordinatrice du projet:

Jean-Baptiste, en tant que directeur d’IFA Paris, vous êtes pleinement conscient des dysfonctionnements de l’industrie de la mode. Votre école, prochainement certifiée RSE, s’investit pleinement dans le développement durable. Pour quelles raisons précises faites-vous le pari que l’avenir de la filière de la mode sera celui-ci ?

Je ne sais pas si j’utiliserais le terme de pari étant donné que je conçois la transformation de la filière sur le modèle du développement durable comme une inéluctabilité dont tout le monde doit prendre conscience. Au travers de nos séances de travail avec Sandra Wielfaert (notre consultante RSE) ainsi qu’Helene Gille (Consultante à l’UNESCO qui nous aide à développer notre spécialisation Mode Durable) nous nous sommes très vite rendu compte que nous avions un devoir, en tant qu’éducateurs, de traiter en profondeur les problématiques de durabilité et d’éthique afin de transformer la façon dont nos étudiants appréhendent la création et le marketing. Analyser la destruction des stocks d’invendus comme une pratique courante dans cette industrie ne fait que réduire la mode à sa plus simple expression mercantile. Pour nous, la mode est un langage qui est également vecteur de changement. Il nous faut donc réapprendre un vocabulaire adapté afin de construire une nouvelle dialectique autour de la mode durable.

Delphine, quel message souhaitez-vous véhiculer auprès des étudiants qui vont participer à l’évènement ? Espérez-vous secrètement susciter des vocations grâce à ce type d’actions ?

Notre but est véritablement de sensibiliser les participants aux problématiques de réduction des déchets et d’extension du cycle de vie des produits. Nous avons la chance d’avoir comme partenaire « Redress », avec qui nous travaillons activement sur le développement de nos programmes, qui sera présent avec des alumni du concours Eco-Chic pour démontrer aux participants du workshop que l’on peut être créatif tout en étant conscient de son impact sur l’environnement. La technique d’upcycling que nous allons enseigner le 20 Avril permet même à des néophytes de pouvoir déconstruire des vêtements pour en faire de nouveaux designs. Tout le monde peut le faire ; c’est un exercice ludique qui permet en particulier de renouveler sa garde-robe sans avoir à dépenser 1 Euro !

J’ai cru comprendre que plusieurs surprises seraient réservées aux participants du créathon. Préférez-vous les garder confidentielles ou pouvez-vous nous en dévoiler quelques unes ?

Effectivement nous sommes ravis de distribuer à tous les participants, qu’ils soient à Istanbul, New-York ou Paris, des vouchers de 30% de réduction pour notre programme d’été intitulé « Fashion Up-Cycling ». Ce dernier sera enseigné par Bridgett Artise, fondatrice de la société Born Again Vintage et enseignante au Fashion Institute of Technology de New York.

Un petit plus pour les participants qui nous rejoindront à Paris : la journée se clôturera par un défilé dans notre campus. Un jury évaluera les créations des participants et le groupe gagnant se verra offrir un photoshoot de leur création !

Pour plus d'information sur cet évènement et comment participer au hackathon du 20 avril qui se tiendra sur notre campus de Paris, cliquez ici : https://www.facebook.com/events/2227020194011630