Comme chaque année, c’est à la fin de la semaine de la mode masculine et des pré-collections que s’est déroulé le « graduate show » du Bachelor Stylisme Modélisme d’IFA Paris. Au programme, 14 collections sélectionnées 10 jours avant parmi les meilleures de cette promotion 2018 par un jury de professionnels composé entre autres de Lucille Clothilde Mossimann, styliste chez Marine Serres (la créatrice gagnante du prix LVMH 2017), de Hanna Lane de Redress qui organise le concours de mode durable Ecochic ou encore de Thouria El Hassouni, styliste photo pour des magazines « pointus » tels que Pansy, Yoko Magazine, Jute Tanyalak PromlumpakMagazine mais aussi pour Vogue… Cette saison le défilé incluait également des invités : une collection de Roshani Limbu de la Solent University de Southampton avec laquelle IFA Paris prépare un partenariat et les collections de 6 étudiants du campus de Shanghai qui avaient eu l’opportunité de montrer leur travail aux professionnels de l’industrie de la mode chinoise il y a un peu plus d’une semaine lors du défilé d’IFA Paris à Shanghai.

Safa YahiaakmakkiLes étudiants ne sont pas imperméables aux grandes tendances et cette saison on notait les influences qui ont traversé les défilés des dernières fashion weeks. Les années 90 et son vent de déconstruction se retrouvent ainsi chez Safa Yahiaalmakki qui mixe jeanswear et tailoring ou chez Tanyalak Promlumpak qui s’inspire de grands noms de l’architecture contemporaine pour déséquilibrer ses chemises à carreaux et des pièces de workwear en d’élégantes silhouettes blanches et marines. 2 collections à la créativité réaliste qui ne déparerait pas les portants de concept stores de Londres ou de Tokyo. Mais comme sur tous les podiums des grandes capitales de la mode c’est surtout le sportswear qui était très présent. Chez Nicole Siow Thong See et ses parka d’inspiration militaire, chez Aweriawhen Umuomo qui hybride d’impeccables costumes masculins en tweed ou de légères jupes de ballerines en tulle avec des morceaux de doudounes ajourées. chez Amira Azizi qui, s’inspire du l’œuvre de Jean-Michel Basquiat pour poétiser ses blousons de ski oversized de broderies colorées et tutus en organza de soie. ou encore chez Theo Decaux qui à partir du conte de fée « Peau d’âne » nous livre de surprenantes robes de princesse-survêtement en jersey « couleurs de lune » ou « couleurs de ciel » peint à la main

D’autres étudiants revisitent leur souvenirs d’enfance ou leur culture d’origine comme Chew Ting qui crée ses juveniles silhouettes à partir des uniformes d’écolier Hong Kongais ou Cheng Hong Eng qui puisent dans les photos de jeunesse de ses parents et nous livre une collection pour hommes faite de shorts colorés, de top vichy ou de salopettes de jardiniers gansées, au styling pensé dans le moindre détail. Sagarika Joshi imagine elle un prêt-à-porter féminin et Yuliya Dovzhychélégant exclusivement ivoire et rouge en partant du sari traditonnel de son Nepal natale quand Dziezdorm Adjei prend comme point de départ un proverbe populaire dans plusieurs pays africains pour créer des vêtements masculins « devant-derrière » qui mélangent de la popeline blanche, du velours côtelé à du bogolan, étoffe imprimée traditionelle originaire du Mali mais fabriquée aujourd’hui aussi au Nigeria ou au Ghana.

Tsvetislav AndreevMais la liberté d’inspiration de cette génération est sans limite : Tsvetislav Andreev joue « retour vers le futur » avec ses vêtement mi 17ème siècle mi futuristes, Maureen Umutesi s’est plongé dans l’éprouvante histoire de docteur nazi Mengelé et de ses expérimentations sur les jumeaux pour créer ses étonnantes silhouettes qui annoncent peut-être les vêtements du 22 ème siècle. Mary Bashay illustre la Renaissance de Harlem des années 20 et 30 avec des vêtements hyper colorés en tweed, tricot de jean et une matière qu’elle crée à partir de languettes de cuir tandis que Yuliya Dovzhych laisse libre cours à son romantisme rêveur avec ses superpositions colorées couvertes de soie volantée et de broderies florales.

Le public convié à ce défilé a donc pu décourvrir le travail très divers de tous ces talentueux étudiants qui au delà d’approches qui peuvent parfois paraître très éloignées, ont tous livré des collections ultre abouties, qui démontrent qu’après 3 ans à IFA, passés à apprendre, réfléchir et expérimenter, ils sont déjà parfaitement capables de se confronter aux exigence de l’industrie de la mode contemporaine.

Pour plus d’informations sur ce programme qui permet aux étudiants de créer et montrer leurs créations sur les podiums parisiens et shanghaiens : Bachelor Stylisme Modélisme